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samedi 1 octobre 2022
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Chambres avec vue sur le fond des mers

Écrit par 

Chambres avec vue sur le fond des mers d'après lœuvre d'Ibsen

Mise en scène : C. Charnay Dramaturgie : E. Baudou


 

Lenvie de réaliser ce projet est née de la découverte du théâtre dIbsen et de la rencontre avec les personnes qui constituent aujourdhui léquipe de création. Auteur de la fin du XIXeme siècle, Ibsen ne cesse détonner par la modernité de sa pensée. Dans une période les consciences commencent tout juste à séveiller, Ibsen porte un regard aiguisé sur la psychologie féminine et dépeint dans ses pièces les besoins fondamentaux auxquelles les femmes aspirent. Son œuvre aborde un sujet essentiel, novateur à son époque et toujours dactualité aujourdhui : la femme en tant que sujet propre, créatrice de sa vie et pilier de la société.

 

Refusant dintégrer ses pièces dans un mouvement de militantisme pour la libération de la femme, il soutient cependant quelles ne peuvent se restreindre au rôle que leur attribue la société et quelles doivent exercer leur propre volonté. La forme choisie permet de faire découvrir ou redécouvrir de belles pages du théâtre dIbsen mais pointe également des sujets sensibles au XIXième siècles qui attisent encore notre réflexion.


 

LIMINAIRE

 

Sous les yeux des spectateurs, la vie intérieure du dramaturge H. Ibsen. Peuplée de femmes : ses proches et ses héroïnes. Que nous dit-il à leur sujet ? Que nous apprennent-elles sur lui ? Voilà ce que raconte Chambres avec vue sur le fond des mers.

 

Les chambres, ce sont ces lieux de passages quinvestissent successivement les acteurs virevoltant dun texte à lautre ; ce sont les décors quont créés successivement les metteurs en scène pour lœuvre dIbsen. Quant au fond des mers, il est là, derrière lunique porte de la scénographie, comme un grenier dans lequel personne nose sengager, une porte sur lextérieur, sur la réalité, hors du fantasme, hors du théâtre.

 

Un homme et quatre femmes incarnent quelques-uns des grands textes du dramaturge, lâchant de temps à autre quelques bribes sur sa vie. Et lorsque lhomme meurt, à la fin, sous les traits de John Gabriel Borkman, le public a bien conscience que cest une part dIbsen qui disparaît. Les femmes sont alors rendues à elles-mêmes : libérées de lauteur, les comédiennes reprennent le pas. Sans le dramaturge, les personnages se meurent.


 

 

NOTE D'INTENTION

 

« Vivre à des étages séparés, se voir pendant les repas et se dire vous1 » : telle était la conception du mariage selon Henrik Ibsen. Une distance froide, voire même un désintérêt à légard des femmes émanent de cette déclaration. Il est pourtant difficile dimaginer que ces paroles sortent de la bouche dun auteur qui na eu de cesse de placer la femme au cœur de ses œuvres théâtrales : dans ses drames psychologiques, Ibsen nous met face à la complexité vertigineuse des êtres et tout particulièrement des femmesprises dans le cruel déséquilibre entre aptitudes et aspirations, volonté et possibilité.

 

Nous commençons ici à cerner la relation quentretenait Ibsen avec ses « héroïnes », une relation à mi-chemin entre la peur et ladmiration. Que serait devenu Ibsen sans ces femmes ? Quelle image nous laisse-t-il voir delles dans ses œuvres ? Nous connaissons Suzannah, son épouse, dont la force et lintelligence remarquables ont sans doute permis à Ibsen de traverser le chemin épineux qui la conduit à devenir un des plus grands dramaturges de son temps. Mais, dautres femmes nourrissent et traversent lœuvre dIbsen quelles soient réelles, Rikke Holst, Laura Peterson ou fictives, Hedda, Nora, Mme AlvingIl savait comme personne comprendre « que leur malheur est quon les dresse dans lattente de quelque chose dincertain. Si leurs espoirs ne se réalisent pas, lamertume et la déception brisent des individualités ». Refusant dintégrer ses pièces dans un mouvement de militantisme pour la libération de la femme, il soutient cependant quelles ne peuvent se restreindre au rôle que leur attribue la société et quelles doivent exercer leur propre volonté.

 

Ibsen observait les femmes avec un œil de psychanalyste. Sa très fine analyse de lesprit féminin a suscité un grand intérêt chez les plus grands psychanalystes : Freud, Groddeck, Lacan, Ferenczi. « Les médecins en était encore à sacharner sur des hypothèses stériles [] lorsque Ibsen écrivit son drame La dame de la mer, il analysait à peu près parfaitement lobsession de son héroïne dont lorigine est un conflit psychique, symbolisé par son attachement absurde à la mer. »2

 

Cest dans ce même mouvement que nous avons imaginé le spectacle : analyser le texte en créant des figures féminines avant tout daprès la psychologie des caractères. Il ne sagit pas de réaliser un spectacle biographique mais de suivre la démarche dIbsen. Lobjectif nest pas seulement de faire vivre les personnages de ses pièces, mais de découvrir en quoi ils sont le reflet de conflits psychiques pouvant nous éclairer sur les relations quIbsen entretenait lui-même avec les femmes. Il apparaîtra sur scène dénué des attraits qui font sa renommée : sans son chapeau haut de forme et sans ses favoris, il nous parlera simplement. Quest-ce qui se cachait derrière ce style si distinctif, derrière cet air froid qui semble pénétrer lâme humaine dun seul regard ? Nous connaissons ses difficultés à lier des relations intimes et profondes, nous savons son incapacité à se dévoiler quant à ce qui le travaillait au plus profond de lui. Se dégage de son œuvre ce bouillonnement interne et cette nécessité de sublimer une souffrance psychique par lécriture. Cest par lacte de création quil va tenter de se libérer de ses complexes. Une aspiration traverse son œuvre, cette volonté de se réaliser en tant quécrivain dune part et en tant que personne dautre part : sans cesse, il visait un idéal. Atteindre le bonheur par lexercice de notre propre volonté, par la recherche dun équilibre entre lexpression de sa propre individualité et lobéissance à certaines normes sociales : existe-t-il une aspiration plus universelle ?

 

Cette quête de soi est une source dinterrogations intarissable. Ibsen nous rappelle à cette envie de sortir dun carcan, de se libérer de valeurs et didées qui empêcheraient de viser la plus noble des aspirations : devenir soi-même. Il qualifiait au XIXème siècle ses œuvres de « tragédies de notre temps », gageons que nous pouvons encore le dire aujourdhui.


 

1 De Decker, J. Ibsen, folio biographie, édition Gallimard, Paris, 2006, p. 29.

2 Ferenczi, S. “Des psychonévroses”, Oeuvres complètes, t.1, Paris, Payot, 1975.

 

 

 

L'ASSOCIATION IPHIGENIE

 

Lassociation Iphigénie voit le jour au printemps 2009 alors quEstelle Baudou monte Iphigénie à Aulis dEuripide à Lyon. Les différents partenariats instaurés pour ce projet (ville de Lyon, dispositif PRODIJ, région Rhône-Alpes, dispositif Projet jeunes, CROUS, université Lyon III) nécessitaient une structure que lassociation leur fournit. Cette mise en scène marque également la rencontre artistique de Claudine Charnay et Estelle Baudou.

 

En septembre 2009, Iphigénie produit le spectacle Vanitas, daprès Push up de R. Schimmelpfennig. Ladaptation et la mise en scène sont signées Matthieu Pastore ; on retrouve dans léquipe plusieurs des participants dIphigénie à Aulis et notamment, sur le plateau, Claudine et Estelle. La création est jouée quatre fois au théâtre Myriade à Lyon.

 

En 2010, lassociation accepte un partenariat avec la Cave du Père Tienne (Sologny, 71) et sengage à produire un spectacle pour leurs portes ouvertes du mois de mai. La création poétique que Claudine la mise en scène) et Estelle la dramaturgie) proposèrent connut un vif succès. Un verre à la main est également loccasion pour Iphigénie dagrandir son équipe : pour la première fois Maxime Roger et Amélie Hennes jouent dans lune des productions de lassociation.

 

Forte de projets menés à bien et dune équipe prometteuse, Iphigénie a donc décidé, en juin 2011, de soutenir le projet de mise en scène de Claudine Charnay. Création de longue haleine (diffusion 2012-2013), Chambres avec vue sur le fond des mers, daprès lœuvre dH. Ibsen, mobilise actuellement toutes les forces vives de lassociation.


 

 

L'EQUIPE

 

Claudine Charnay – metteur en scène

 

Estelle Baudou – dramaturge

 

Elise Clarac Hordé – comédienne

 

Amélie Hennes – comédienne

 

Elodie Muselle – comédienne

 

Zoé Poutrel – comédienne

 

Maxime Roger – comédien

 

Floriane Perrone - administratrice

 

 

 

 

DIFFUSION

 

Nous voulons que ce spectacle tourne, quil soit joué dans plusieurs théâtres lyonnais ainsi que dans la région Rhône-alpes. Nétant pas une pièce mais un montage, la forme permet de pouvoir approcher divers publics. Ce spectacle se veut une porte pour entrer dans la pensée et lunivers dIbsen ; nul besoin de connaître ses œuvres. Néanmoins, les amateurs de théâtre se plairont à y retrouver les grandes scènes du dramaturge et à découvrir quelques pans de sa vie. Il sadresse donc à un public adulte, cultivé ou novice.

 

Nous aimerions notamment pouvoir le jouer en lycée ainsi que dans des MJC ou des centres sociaux. Plusieurs extraits de pièces constituent le spectacle, nen jouer que certaines et créer un échange, une discussion entre les comédiens et le public, me paraît essentiel tant pour limportance du sujet que dans lapproche même de la pratique théâtrale les barrières entre le public et les acteurs doivent être dépassées.

 

 


 

 

 

 


Informations supplémentaires

  • Arrondissement: 5ème
  • Date de commission: mercredi, 25 avril 2012
  • Statut du projet: En préparation
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